Et non, les jeux vidéo n’ont pas que des aspects négatifs. Votre enfant vous l’a répété « C’est bon pour la santé ! » et vous n’y avez jamais cru. Il n’avait pourtant pas totalement tord et nous allons vous le démontrer.
Les jeux vidéo violents canaliseraient les pulsions violentes. Il s’agirait pour les joueurs d’un espace de mise en scène de leurs pulsions agressives. Dès lors, ces pulsions violentes ne s’exprimeraient pas dans la vie réelle puisque les « gamers » sauraient distinguer la réalité du virtuel. Les JVV (Jeux Vidéo Violents) agiraient alors comme un lieu de défoulement. Vanessa Lalo, psychologue clinicienne explique que « Le jeu [vidéo] est un défouloir qui aide à extérioriser ses pulsions. La violence dans les jeux vidéo n’est pas là pour rien. »[1] Selon elle, le jeu vidéo permettrait de gagner en estime de soi, notamment parce que le joueur à travers son personnage se sent fort (il gagne des points, bat ses adversaires…). Ainsi, ce gain en confiance en soi diminuerait potentiellement les pulsions violentes. L’utilité des JVV s’expliqueraient alors par le fait que, via, l’écran, ils feraient émerger les pulsions agressives avant que celles-ci ne s’expriment dans la vie réelle.

Le jeu vidéo comme médiation thérapeutique
Le psychanalyste Michael Stora souhaite démontrer lui aussi que les JVV agirait comme défouloir. Il explique que le jeu vidéo permettrait de relâcher une pression interne qui aurait besoin d’être extériorisée. Il va plus loin encore en affirmant que les jeux vidéo peuvent être utilisés comme médiation thérapeutique. Le jeu vidéo, même violents, deviendrait alors un « serious game » à savoir un « jeux sérieux » à valeur pédagogique ou informationnelle. Il rendrait l’individu acteur, lui qui fut passif face à son traumatisme. Il pourrait alors recréer la scène traumatisante pour ainsi affronter l’image manière active cette fois-ci. Ce fut le cas notamment avec le jeu Flight Simulator, qui connu un succès fulgurant après le 11 septembre 2001 et l’effondrement des Twins Towers. Après ce traumatisme planétaire, les individus ont ressenti le besoin de redevenir acteur de la situation par le jeu. C’est une recréation de la frustration, de l’angoisse de l’image qui permet de l’évacuer.
Les JVV ont aussi été utilisés pour combattre les traumatismes de guerres. En effet, des soldats américains souffrant de stress durable ont expérimenté le jeu vidéo Virtual Iraq, un jeu de simulation de scène de guerre. Leur utilisation permet de revivre une période traumatisante de leur vie via le jeu virtuel. Elle faciliterait une désensibilisation et permettrait de s’éloigner de ses pensées obsédantes. Le JVV serait ainsi lieu de déculpabilisation. Néanmoins, cette utilisation thérapeutique des jeux vidéo n’en est qu’à ses débuts et ne concernent que quelques personnes dans le monde.